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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Témoignage : Yvette Lundy raconte sa déportation aux collégiens

16 Mars 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #BCRA Résistance intèrieure

Publié le lundi 21 février 2011 à 09H50 par L'UNION L'ARDENNAIS : link

« La liberté, on ne prend conscience de son importance que lorsqu'on ne peut plus en jouir. C'est pourquoi il faut la protéger. » C'est par ces mots que, devant les élèves de 3e du collège Louis-Pasteur de Suippes, Madame Yvette Lundy a commencé le récit de ce qu'elle a vécu durant la seconde Guerre Mondiale, comment elle fut une résistante de la première heure, son arrestation et sa déportation au camp de Ravensbrück.
Pour que ses élèves appréhendent les faits historiques de manière plus concrète M. David, professeur d'histoire géographie au collège, emmène chaque année ses élèves de 3e au Centre d'interprétation de Suippes et invite Mme Lundy, un des derniers témoins d'une autre période sombre de notre histoire.
Pendant plus de deux heures, les élèves ont ainsi écouté attentivement ce message de paix et posé de nombreuses questions.


Arrêtée en classe devant ses élèves


Madame Lundy leur a expliqué qu'au début de la guerre, Pétain jouissant d'une réputation auréolée de son succès lors de la Première Guerre mondiale, il y avait eu d'abord peu de résistants dans la Marne car être résistant était un peu considéré comme n'allant pas de soi.
Pourtant la famille de Mme Lundy link s'est trouvée engagée dans la Résistance dès l'appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Elle recueillait les prisonniers évadés du camp de Bazancourt et leur fournissait des vêtements. Grâce à son emploi d'institutrice et de secrétaire de mairie à Gionges, Mme Lundy fabriquait de faux papiers d'identité qui leur permettaient ensuite d'obtenir des cartes d'alimentation.
Tous aidaient aussi des familles juives ou des aviateurs anglais tombés sous les tirs de DCA et qu'il fallait renvoyer en Angleterre le plus rapidement possible.
Dénoncée, elle fut arrêtée par les Allemands dans sa classe sous les yeux de ses élèves ! Elle a malgré tout réussi à convaincre les Allemands qu'elle était orpheline et fille unique et n'a donc pas mis en danger ses frères et sœurs.
Après plusieurs jours et nuits de voyage passés dans un wagon à bestiaux dans des conditions inhumaines, elle est arrivée au camp de Ravensbrück où les jours étaient ponctués de hurlements, de coups, d'aboiements, d'appels qui duraient des heures dans le froid, la neige….
« Tout était fait pour dépersonnaliser les prisonniers. » Son matricule 47360 était son « unique identité et devait être énoncé en allemand sans erreur faute de représailles. C'était le néant physique et psychologique ». Peu et mal nourrie, elle usait ses forces à des travaux épuisants (casser des blocs de pierre…).


Des nuits peuplées de cauchemars


C'était selon ses dires « marche ou crève. C'était aussi voir d'autres prisonniers mourir de maladie ou d'épuisement, partir pour les chambres à gaz ou être emmenés pour servir à des expériences médicales ».
Libérée par les Russes le 21 avril 1945, elle est rentrée en France après maintes péripéties. Son premier réflexe fut d'embrasser le sol français.
« Plus de 15 ans ont été nécessaires pour récupérer physiquement mais surtout psychologiquement. » Encore aujourd'hui, ses nuits sont parfois peuplées de cauchemars.
Comme chaque année, les élèves ont été très marqués par ce témoignage et l'énergie que Mme Yvette Lundy met, à 95 ans, pour témoigner et répondre à leurs questions. Sa motivation, « c'est qu'ils puissent apprécier leur bonheur et leur liberté, qu'ils soient conscients que c'est un bien inestimable et fragile qui doit être défendu ».

 

 Source photos :

 link

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