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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Témoignage d'André Malonga, BM15

24 Janvier 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

 

 

 

Témoignage extrait de la lettre de l'Ambassade de France au Congo N°2

(Egalement repris ce mois-ci dans la revue La Chartre, éditée par la Fondation André Maginot)

 

 


"Au moment où nous allons fêter les 70 ans de l'appel de Brazzaville par le Général de Gaulle, nous avons rencontré un ancien combattant, André Malonga link  , qui a accepté de risquer sa vie pour défendre le sol français pendant la seconde guerre mondiale.

Comment et quand avez-vous été mobilisé pour la seconde guerre mondiale ?

L'histoire commence par l'appel du Général De Gaulle. Le Congo a été le premier pays à lui dire oui : 3 000 congolais se sont portés volontaires pour venir combattre sur le sol français. Il n'y avait pas d'obligation, mais vous savez, nous avons aimé le General de Gaulle comme un parent... On était fiers d'y aller ! On a même collecté 110 000 FCFA pour le Général. Alors j'ai passé mon brevet d'opérateur de radiotélégraphiste, et j'airejoint la brigade du commandant Hous au Cameroun ; on a traversé le Sahara, le Maroc, l'Algérie et on a débarqué à Marseille. De là on a pris part aux campagnes de la pointe de Grasse, de la Côte d'Azur, de Pau...

Comment avez-vous été accueillis par la population française ?

Nous avons été bien accueillis ; en arrivant dans les villes, on allait à la messe. Les habitants étaient surpris, beaucoup n'avaient jamais vu de noirs, et la plupart pensaient que tous les africains étaient musulmans ! Maïs les rapports entre nous étaient très bons.

Et le retour au Congo ?

Nous étions des héros ! Certains sont restés en France, moi j'ai choisi de rentrer pour la famille. Je suis revenu en France deux fois, pour le 14 juillet, à Colombey les Deux Eglises, avec d'autres anciens combattants. On s'est même rendus sur la tombe d'Anne De Gaulle, qui a donné son nom à la basilique de Brazzaville. En 1951 un décret nous a attribué la nationalité française ; mais lors de l'indépendance, il fallait réclamer son maintien. On ne savait pas, on a perdu la nationalité française. Mais moi je reste français de cœur...

Et puis en rentrant j'ai travaillé pendant 16 ans comme premier employé de l'Office des anciens combattants, avant d'en devenir le Directeur, quand l'Office est devenu national. Au moment de l'indépendance notre histoire commune avec la France était passée aux oubliettes ; maïs dès 1991, nous avons remis au goût du jour les commémorations du 8 mai et du 18 juin. Il fallait transmettre aux jeunes l'histoire de leurs parents, la mémoire de ce qu'a fait la France pour l'Afrique et l'Afrique pour la France.
"

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