Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de francaislibres.over-blog.com

Soixante-six ans après la guerre, deux Boulonnaises ont revu leur refuge écossais

21 Septembre 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #La France Libre

soixante-six-ans-apres-la-guerre-deux-1328266.jpg

"Pendant soixante-six ans, elles s'étaient perdues de vue. Dès qu'elles se sont retrouvées en juin, deux Boulonnaises ont tenu à revoir ensemble l'orphelinat écossais qui les a accueillies pendant la guerre.

 

PAR FRÉDÉRIC VAILLANT

region@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX » link

 

 

Du balcon de Marie-Paule Cantard, la vue embrasse l'entrée du port de Boulogne-sur-Mer. Là où le 22 mai 1940, un destroyer britannique fuit la ville sous la mitraille. À son bord, des soldats qui évacuent ce port sur le point de tomber aux mains des Allemands. Mais sur les photos de l'époque (notre médaillon), on distingue également sur le pont du navire un groupe de jeunes filles en uniforme accompagnées de religieuses. Ces clichés intriguent un historien anglais qui lance en juin dernier un appel à témoins dans nos colonnes.

 

 


Cinq ans et cinq mois

Nous retrouvons Marie-Paule Cantard et Jacqueline Vicart qui avaient respectivement 11 et 5 ans en mai 1940. Elles racontent que les soeurs de la Charité ont cherché à évacuer la trentaine de jeunes filles de leur orphelinat. Le groupe a pu embarquer sur le destroyer Venomous et se réfugier dans un premier temps à Londres avant d'être transféré en Écosse. « Pendant cinq ans et cinq mois », a compté Jacqueline, les jeunes Boulonnaises, leurs deux institutrices et trois soeurs sont restées dans un château à Lanarck, une petite ville entre Edimbourg et Glasgow. Après la guerre, Marie-Paule et Jacqueline se sont perdues de vue. Elles n'ont pourtant pas quitté Boulogne-sur-Mer. Sans doute se sont-elles croisées dans les rues de la ville mais sans se reconnaître. C'est notre journal qui leur a permis de se retrouver. « Juste avant la parution des articles, ça me trottait dans la tête, souligne Marie-Paule. Je voulais retourner à Lanarck. » Dès leur rencontre, c'est la première chose qu'elles ont décidé de faire. Elles iraient ensemble revoir leur lieu d'accueil car, comme dit Marie-Paule, « il n'est jamais trop tard pour bien faire ».

Ce projet, elles viennent tout juste de le réaliser en passant une journée entière à Lanarck. En descendant du train, les Boulonnaises ne savent pas trop où aller. « Il faisait mauvais alors on a fini par entrer dans l'église catholique », raconte Marie-Paule. Là, elles tombent sur le curé à qui elles racontent leur histoire. « Il nous a amenées en voiture au château de Smyllum. Seule la façade a été conservée, tout le reste de l'orphelinat a été rasé pour laisser la place à des habitations. » Cela n'empêche pas les souvenirs d'affluer. « Je me suis revue toute petite avec les copines sur ce chemin qu'on a pris tant de fois », confie Jacqueline. Ces anciennes pensionnaires de Lanarck n'ont pas non plus oublié l'extraordinaire hospitalité écossaise. « Des familles de la haute société nous recevaient, on nous emmenait à Glasgow, Edimbourg ou Londres. » Dans la capitale de la France libre, elles auront même l'occasion de serrer la main du général de Gaulle. Une dizaine d'années après leur retour en France, chacune des trente jeunes Boulonnaises a reçu un petit pécule, héritage d'un couple d'Écossais sans enfants qui avait pris soin des fillettes pendant la guerre. Toutes l'ont reçu, sauf Louise. Elle est morte des suites d'une maladie en 1945. Marie-Paule et Jacqueline n'ont pas oublié d'aller se recueillir à la fosse commune du cimetière où elle repose. •"

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article