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Sernot Gémin, un dissident décoré de la Légion d'honneur

20 Octobre 2010 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

"SAINTE-ROSE

Sernot Gémin, un dissident décoré de la Légion d'honneur

Armel ALBERT France-Antilles Guadeloupe 15.10.2010

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/vielocale/sernot-gemin-un-dissident-decore-de-la-legion-d-honneur-15-10-2010-97625.php

 

Le 14 juillet dernier, à Basse-Terre, six Guadeloupéens ont été faits chevaliers de la Légion d'honneur. Cinq étaient présents : Salinière Doctrové Ségor (90 ans, des Abymes), Désir Jacques Martial (85 ans, de Lamentin), Eustase Jospitre (87 ans, de Trois-Rivières), Georges Bichara (86 ans, de Pointe-à-Pitre) et Jean-Paul Belmont (84 ans, des Abymes). Le sixième, Sernot Gémin (94 ans), n'avait pu venir à cause de son état de santé. Il était donc prévu que sa médaille lui soit remise ultérieurement chez lui, à Sainte-Rose. C'est chose faite depuis vendredi dernier. Sernot Gémin a reçu sa médaille des mains de Victor Sainsily, délégué par la grande chancellerie de la Légion d'honneur, en présence des membres de la section Guadeloupe.

Sernot Gémin a été compagnon de la dissidence qui, comme des milliers d'autres, au péril de leur vie, a fui surune embarcation de fortune, sans aucune assurance, le régime du maréchal Philippe Pétain qu'appliquait le gouverneur Sorin.
Sernot Gémin, né à Lamentin, le 11 décembre 1915, prend plaisir à raconter son histoire. « J'étais un jeune travailleur, employé au greffe du tribunal de Pointe-à-Pitre. En 1940, je me suis retrouvé brusquement au chômage parce que le procureur de la République de l'époque n'avait plus d'argent pour me payer. Cela a duré deux ans. Pour survivre, je suis allé apprendre la pêche avec Adrien Pradel, avec des nasses en bambou. J'avais sept nasses et un petit bateau pour travailler.
« Ne jamais faire marche arrière »
En 1942, j'ai fait mon inscription officielle à la Marine. Après six mois, avec la complicité de trois autres camarades, j'ai décidé de partir à la dissidence, en secret et après avoir entendu l'appel du général de Gaulle. Ma propre mère et ma mère adoptive ne devaient pas le savoir. Nous avons embarqué à 1 heure du matin, dans mon canot. Nous avons décidé de faire le parcours à la voile. Je ne connaissais même pas dans quelle direction aller pour arriver à Montserrat. Quelqu'un m'avait dit d'aller droit vers Anse-Bertrand et de continuer tout droit. J'ai retrouvé l'espoir de vie quand j'ai apperçu la fumée de la Soufrière de Montserrat. Nous sommes arrivés à 5 heures.
Nous avons été bien accueillis par la police. Puis, j'ai embarqué pour la Dominique dans une barge. Après vingt jours, j'ai obtenu mon costume de militaire, puis j'ai embarqué pour Porto-Rico, où j'ai subi des visites médicales. Ensuite, j'ai été placé dans un groupe avec une médaille et une plaque d'identité. Par la suite, je suis parti pour l'Amérique pour plusieurs mois de préparation avant d'être sur le terrain. J'ai appris à utiliser le fusil, la mitraillette et le canon. Le mot d'ordre c'était ne jamais faire marche arrière » .
Sernot Gémin a été très content de recevoir cette distinction. Encore très alerte et très lucide, Sernot Gémin ne cache pas sa fierté. Le temps où il ramassait la nourriture et les bidons d'eau sur les soldats tombés pour survivre est bien loin. Pour lui qui a fait la guerre au fusil et a vu des camarades tombés à ses côtés, il considère que c'est une chance s'il n'a jamais été blessé.
- De l'Italie à la campagne de France
Il avait décidé de s'engager pour la durée de la guerre, le 10 décembre 1942. Après sa préparation, il reçut une visite du général de Gaulle en Italie. « J'étais content » , se souvient-il. Puis, il fut été affecté au bataillon des Antilles n°1, avant de partir, le 24 septembre 1943, pour l'Afrique du Nord. Il débarqua à Casablanca, au Maroc, le 12 octobre 1943, avant d'être dirigé vers El Dadjeb, puis embarqué le 1er mai 1944 à destination du théâtre d'opérations. Arrivé en Italie le 3 mai 1944, il participa aux batailles de Ponte Corvo, Ceccano Viterno et bien d'autres. Il fut nommé caporal le 16 février 1945 et participa à la campagne de France, du 16 août 1944 au 8 mai 1945, durant laquelle il parcourut tout le pays.
Sernot Gémin fut promu caporal-chef le 16 juin 1945. Il fit partie des bataillons et régiments, qui ont été cités trois fois à l'ordre de l'armée. Il fut rapatrié le 29 septembre 1945 avant d'être libéré quinze jours après son arrivée à la compagnie de Saint-Claude."
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