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Le blog de francaislibres.over-blog.com

« Romilly », le premier char à entrer dans Paris

29 Août 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #Leclerc

 

Tiré de http://www.lest-eclair.fr/article/societe/romilly-le-premier-char-a-entrer-dans-paris :

 

 


 

 

«zzaaedd.jpg Romilly », le premier char à entrer dans Paris

Romilly-sur-Seine - Le 24 août au soir, le char « Romilly », appartenant à la 2e Division blindée du général Leclerc, pénètre le premier dans la capitale

Bientôt la foule en liesse arrive et entoure les véhicules militaires. Le char Romilly est assailli. L'adjudant Henri Caron et ses hommes sont happés par des centaines de Parisiens qui veulent embrasser leurs libérateurs tandis que le bourdon de Notre-Dame se met à sonner à toute volée dans cette nuit chaude d'août. Il est 21 h 22. Le Sherman qui appartient à la 2e Division blindée du général Leclerc se positionne sur la place de l'Hôtel-de-Ville. C'est lui qui vient d'ouvrir la voie de la liberté retrouvée dans une capitale encore occupée par plus de 15 000 soldats allemands.
Le répit et les réjouissances ne vont pas durer. Le lendemain matin, retour aux dures réalités de la guerre. Des Allemands sont en train de miner le central téléphonique situé entre la rue des Archives et la rue du Temple. Vers 9 h 15, l'opération pour les déloger est lancée. Le char stoppe une vingtaine de mètres au-delà du central téléphonique. L'adjudant Caron descend alors de son blindé et se dirige à pied vers la place de la République pour se rendre compte de la situation. Des FFI lui auraient signalé la présence d'un char ennemi. C'est à ce moment qu'une fusillade éclate. On tire des fenêtres de l'immeuble faisant face au central. Personne n'a remarqué un tireur ennemi embusqué dans la bouche de la station de métro Temple, d'où part une rafale d'arme automatique. Henri Caron s'effondre, touché aux jambes. Il perd abondamment son sang. Une équipe de la Croix-Rouge le prend alors en charge puis le transporte, pratiquement exsangue, à l'hôpital Saint-Louis. En début d'après-midi, l'adjudant Henri Caron rend son dernier soupir. Il avait 29 ans.
Henri Caron avait consacré toute son énergie à libérer la France du joug nazi. D'une lucidité remarquable dans ses choix, ainsi que d'un patriotisme sans borne, il n'avait jamais douté dans sa décision de poursuivre la lutte dès 1940. Après sa mort, on retrouva une lettre écrite début 1944 et qu'il destinait à ses parents. « Je veux que les jeunes sachent ce que signifie le mot France. Quatre ans et demi me séparent de vous. Si vous avez gardé confiance, conservez mon idéal. Après mai 1940, je me trouvais comme dans un bateau sans gouvernail au milieu des océans, mais je n'avais pas à réfléchir pour combattre les Allemands. Sans conseil, mon chemin était tout tracé… »
Entreposé au dépôt militaire de Gien, le char devait être livré aux ferrailleurs lorsqu'un comité romillon se créa en 1952 pour l'acquérir et le sauver. Le secrétaire d'État à la Défense donna l'autorisation de cession le 28 mai 1952. Une souscription fut lancée et la signature de l'acte de vente eut lieu le 20 juillet 1955. C'est en octobre de cette même année qu'il fut installé dans un hangar de la base aérienne. On envisagea de le mettre à l'angle de la rue Gambetta et de l'avenue de la Liberté puis place de la Gare mais il fut finalement placé en bordure de l'ancienne nationale 19.
Il quitta ce lieu le 17 janvier 1984 pour être remis en état dans les ateliers de l'Escadron historique de Versailles, en vue d'une participation au quarantième anniversaire de la libération de Paris, puis revint à Romilly où il fut installé près du monument aux morts

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Bibliographie
Cent ans d'aviation par J. Fournier. Romilly-sur-Seine de 1939 à 2000 par Pierre Guillaumot.

 

Christophe LEVERT

 


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