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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Robert Pestieaux : « J'ai rejoint De Gaulle déguisé en marin pêcheur »

28 Octobre 2010 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

Un article de OUEST-FRANCE du 10 juin 2010 : link

 

 

"L'Angevin Robert Pestieaux fut l'un des premiers Français à rallier Londres après l'appel du général. Il témoigne 70 ans après.

 

L'histoire

 

 

Dans son appartement de la rue du Pré-Pigeon, Robert Pestieaux regarde avec tendresse les photos d'archives collectées au fil du temps. La première page de son « book » est consacrée au cliché d'un bâteau de pêche granvillais en noir et blanc. Pas n'importe quel bateau : « Regardez : il s'appelait le Gloire à dieu. C'est caché dans la cale que j'ai rejoint Jersey avant de traverser la Manche. »

A 90 ans, cet Angevin se souvient des moindres détails des jours qui ont suivi l'appel du 18 Juin 1940. C'était il y a 70 ans. « J'étais à Granville chez mon oncle. Insouciant, on était jeune et mes parents ne voulaient pas que je m'engage. On pleurnichait dans la rue à l'idée que Pétain voulait rendre les armes. Deux jours après l'appel de ce général qui, pour moi, était inconnu, une voisine m'a demandé de venir l'écouter à la radio. Je lui dis : Bof... Les généraux, on n'y croit plus. »

Robert y va quand même. Et là, c'est le déclic. « Le renouveau, c'était l'espoir. J'ai décidé de partir, déguisé en marin, en passant par Jersey. Un pêcheur, le père Daniel, a bien voulu m'emmener, caché sur son bateau. Cinq heures de traversée alors que j'avais le mal de mer ! » De Jersey, il rejoint Chausey, puis la côte britannique, avec le consentement d'un consul. « Au-dessus de nos têtes, on a aperçu un avion avec une croix noire sur ses ailes. Il a fait demi-tour... »

A son arrivée à Londres, il est placé comme d'autres étrangers dans un camp de réfugiés. « Je disais à qui voulait l'entendre que je souhaitais m'engager dans l'armée du général de Gaulle, mais cela ne semblait pas fait réagir. »

 

La visite du général

C'est le lundi 1er juillet 1940 que l'Olympia, un ancien hall d'exposition dans le quartier de Hammersmith, ouvre ses portes aux premiers Français ralliés au général de Gaulle. On ne les appelle pas encore « Français libres ». « Un bus anglais nous a conduits dans ce grand bâtiment. On était une centaine. Quelques jours après, le général en personne est venu nous saluer. Je me souviens d'un grand bonhomme coiffé d'un képi feuille de chêne. Il était tout jeune, 49 ans, cela me surprenait ! Son discours a été empreint d'émotion. Ce n'est pas le chef militaire qui parlait, mais l'homme qui représentait notre pays, la France. »

Les Français libres arrivent par centaine à Londres. Parmi eux, Robert défile dans les rues, habillé en marin pêcheur, sous les acclamations des Anglais qui criaient : « Vive la France ». Ce qu'il a vécu, ensuite, appartient à l'Histoire...

 

 

Arnaud WAJDZIK.
Ouest-France "
 
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