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Le blog de francaislibres.over-blog.com

« Moi Israël, dit André Grasberg, mécanicien de la 2e D.B. de Leclerc »

5 Mai 2013 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #Leclerc

http://www.lavoixdunord.fr/region/moi-israel-dit-andre-grasberg-mecanicien-de-la-2e-jna33b0n920273

 

 grasberg-mecanici-448146.jpg

 

PAR ARIANE DELEPIERRE

calais@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

Toujours en avant ! En empruntant cette devise au maréchal Philippe Leclerc pour titrer son récit, André Grasberg rend un hommage appuyé à « cet homme hors classe qui avait pour préoccupation première la vie de ses hommes ». De larges passages lui sont d'ailleurs consacrés. « C'était un homme modeste qui ne se faisait pas appeler général mais Leclerc. Il était sans doute moins fier que certains officiers ».

À pile ou face

À travers ce livre qui germait dans sa tête depuis plusieurs années, le Calaisien né en Suisse, fils de parents juifs polonais, voulait offrir un témoignage aux jeunes générations. « Pour que ce sombre épisode de l'Histoire ne tombe pas dans l'oubli », confie-t-il. Quand le conflit éclate, le jeune homme a 19 ans.

C'est en jouant son destin à pile ou face qu'Israël, son prénom de baptême qu'il troquera pour André face aux représailles de l'occupant nazi, part sans le sou pour Brest plutôt que Toulon. Il dit au revoir à son père sans imaginer qu'il ne le reverra jamais. Déporté, ce dernier mourra à Auschwitz.

La vie du jeune André, aussi sinueuse que les routes qu'il parcourt comme conducteur de bus à Plouguerneau, le conduit en Angleterre. Il embarque à bord du remorqueur de haute-mer l'Abeille 8 pour Porthsmouth.

Épris de liberté

De là, il rejoint le peloton des sous-officiers d'artillerie et fait ses classes de soldat sur le sol britannique dans les Forces françaises libres. « Je voulais partir. À cette époque, tous les jeunes avaient quitté la France à la recherche de quelque chose... » Quoi  ? André, épris de liberté, ne le sait pas vraiment. « On n'avait pas quitté la France pour rester dans un camp », résume-t-il.

Chauffeur du lieutenant Robert Dubois, André monte à bord du Westerland pour un voyage chaotique vers l'Afrique. Comme ses coéquipiers, il souffre du mal de mer. « Le général De Gaulle passait souvent nos troupes en revue ». Il rejoint le continent en pleine saison des pluies. Il est mécanicien. Le Cameroun, à Yaoundé, Douala, puis le Tchad à Fort-Lamy. « On s'est battus contre les Italiens. Ils fuyaient mais nous n'arrivions pas à les rattraper », plaisante-t-il. C'est dans des camions Bedford en bois, équipés de pneus neige, qu'André et ses frères d'armes combattent dans le sable. « On était embourbés vous pensez bien ! Les Indigènes, comme on disait à l'époque, sont venus nous aider. Ils nous apportaient des vivres ».

Tous frères

Vient la Libye et le terrible serment de Koufra* prononcé par Leclerc et ses hommes. Les larmes lui montent aux yeux. Les souvenirs douloureux ne sont jamais loin. Mais André, combattant dans l'âme, a appris à vivre avec. « On n'a jamais reculé », lâche-t-il, comme pour se reprendre, quand il évoque ses années dans la 2e Division Blindée et le Débarquement en Normandie. « C'était pas facile mais on était tous copains. Il n'y avait jamais de dispute. Pas de conflit de religion, de race, de couleur, on était tous frères. C'était la devise de Leclerc et c'est cet esprit qui a fait qu'on a gagné ! » André Grasberg s'est battu jusqu'au bout sans jamais être blessé. « J'ai sans doute eu beaucoup de chance... » Le débarquement en Normandie, les planques, les assauts... : « À un détour de la forêt, nous avons été accueillis par un tir de mitrailleuses d'une colonne de chars Panther, sous des arbres, le motard a été touché et la moto s'est couchée sur moi. Dans l'impossibilité de le secourir, j'ai pris mon revolver au poing, j'ai fait demi-tour à pied, sans oublier de me débarrasser de mon portefeuille. Mes papiers auraient pu me nuire  ». L'épuisante reconquête d'Alençon, première ville française libérée : « Cela faisait quatre nuits que personne n'avait fermé l'oeil. » Quand il repense au défilé de la Libération, c'est avec les yeux d'un jeune homme d'à peine 25 ans : « C'était de la folie ! Toutes ses filles qui sautaient sur nos chars ! », s'enthousiasme-t-il encore. Une réplique miniature de son blindé Le Largeau, devant lequel pose le jeune mécano (voir la photo sur la couverture du livre), trône dans la vitrine de son salon. Et André en est toujours aussi fier.  •  

* « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

« Toujours en avant » d'Israël, André Grasberg est disponible sur le site internet « Edifree. fr » au tarif de 15 E ."

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