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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Mémoires d'un combattant : « La souffrance est moindre quand on défend un idéal »

21 Novembre 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #FNFL

par Mireille ROSSI le 21/11/2011

http://www.ledauphine.com/france-monde/2011/11/20/la-souffrance-est-moindre-quand-on-defend-un-ideal

 

 

Il est des hommes dont on sait qu’ils portent en eux, encore, la mémoire d’un temps à jamais disparu et pourtant si précieux. René Nicolas est de ceux-là.

À 96 ans, même si la vie l’oblige depuis peu à demeurer “cloué” sur un fauteuil roulant, le regard reste vif et les idées claires. En lui rien n’a bougé. Les souvenirs d’hier et d’avant-hier sont là, à portée de réflexion et parfois de douleur.

Avec son épouse Renée, aux côtés de laquelle il traverse les années depuis 1946, il a choisi Étoile-sur-Rhône pour patrie.

« Nous étions six dans une cellule, avec un seau d’eau pour se laver, boire et laver le sol »

Petit Parisien poussé dans le quinzième, il se souvient encore de la fin de la Grande Guerre, dans laquelle son père était parti combattre, et de l’arrivée des troupes sur Paris, après l’Armistice. « Je n’avais que 3 ou 4 ans à l’époque – il est né le 26 avril 1915 – et je regardais les troupes françaises, américaines et anglaises défiler sur les Champs Elysées… Un soldat américain m’a pris sur ses épaules pour que je voie tout ! » Son autre et unique souvenir de la première guerre mondiale se joue dans les caves de la capitale, où sa famille trouve refuge. « J’aimais bien ça, descendre retrouver des copains de mon âge ! » Mais pas de peur, non, nulle crainte dans les yeux innocents de l’enfant qu’il était.

La peur, elle n’a pas droit de cité non plus, quand quelques années plus tard, à nouveau, la France se retrouve au cœur d’un conflit mondial. « En 1939, je finissais mon service militaire dans les sous marins ». Une année pour le moins remuante ! D’abord embarqué sur le paquebot Paris, qui coulera au Havre, suite à une attaque, René cherche du travail dans sa ville d’origine. « Très vite il y a eu la déclaration de guerre et nous avons été mobilisés. On sentait que la guerre arrivait. On le savait. Mais on n’avait pas peur, non, moi je n’ai jamais pensé à la mort. Et même aujourd’hui, où elle est plus proche, je n’y pense pas ! » Et si des copains parfois « avaient les larmes aux yeux » à l’idée du départ, alors « on allait au bistrot et on rafraîchissait ses yeux ! »

Il n’y a guère de place pour l’apitoiement chez ceux qui ont souffert vraiment… « Mais vous savez, la souffrance est moins forte quand on défend un idéal ! »

Et l’idéal chez René Nicolas était bien ancré. Ses parents déjà cachaient des officiers anglais – ce qui coûtera sans doute la vie à sa maman, déportée à Ravensbruck, où elle mourra en 1943. Mais pour l’instant le jeune homme se retrouve nommé à Casablanca. Démobilisé en 40, il cherche alors à rejoindre l’Angleterre. Après moult aventures, il tente l’échappée grâce à une filière belge. Arrêté par les Allemands, il ne doit sa vie qu’aux cheminots qui le poussent lui et son ami Marcel dans un wagon de marchandises. Puis c’est à nouveau le départ, vers l’Espagne cette fois, et une nouvelle arrestation. « Nous étions six dans une cellule, avec un seau d’eau pour se laver, boire et laver le sol ». Après une année de détention dans des conditions qui lui vaudront une anémie graisseuse, il parvient enfin à rejoindre Glasgow et les “Français Libres”. Du “jour le plus long”, René Nicolas se souvient aussi. « A 5 h 45 je mettais le pied sur la plage. Sur 12, nous n’avions été que 4 à survivre. C’était à Virville et j’étais dans les premiers Français qui débarquaient ». La nuit, encore aujourd’hui, il rêve de ce moment où, pour éviter de sauter sur les mines, les soldats marchaient sur les corps de leurs camarades. « Après ça, on n’a plus peur de rien ». La prison aussi encombre ses nuits. Comme la disparition de cette maman, jamais oubliée.

Alors à ses descendants, René n’a jamais rien caché. Et dans les écoles, celui qui fut Président Interdépartemental des Français Libres de 1985 à 2000 et secrétaire général des combattants volontaires de la Résistance a longtemps fait leçon de mémoire. Son livre, publié il y a un an, poursuit son œuvre.

A lire

Le livre de René Nicolas, "Mon combat pour la liberté" est paru aux éditions Peuple Libre il y a un an.

 

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