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Maxime Aubry fête ses 94 ans

31 Mai 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #FNFL

Maxime Aubry fête ses 94 ans

Source : www.ladepeche.pf/ link

À 94 ans, Maxime Aubry  link est le doyen de Faa’a.

Une vie riche et comblée, faisant de lui le patriarche d’une famille nombreuse.

Papa Aubry a 26 mootua et 22 hino. Chaque jour, il voit ses enfants, dans sa maison de Faa’a.

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Maxime Aubry, entouré de ses filles et de l’amiral de la Marine nationale et son épouse

Plus de 200 personnes étaient réunies au domicile familial de Maxime Aubry, ce week-end, pour fêter l’anniversaire du doyen de Faa’a. La famille, les amis, les anciens combattants, l’amiral de la Marine nationale, Oscar Temaru, son neveu… Tous étaient présents pour partager un grand ma’a tahiti en l’honneur de Maxime Aubry. Malheureusement, cette année, papa Maxime n’aura pas soufflé ses 94 bougies en présence de ses invités, car il souffrait d’une forte chute de tension qui l’a cloué au lit toute la journée. La fête n’a pas été annulée pour autant, malgré l’inquiétude générale. Finalement, le lendemain, le jour même de son anniversaire, papa Aubry a repris du poil de la bête et retrouvé son humour ravageur, au grand soulagement de ses enfants.

Maxime est né le 29 mai 1917, à Faa’a. Il est l’avant-dernier d’une famille de 12 enfants. Mama Vihi le met au monde dans la maison familiale, située en face de l’église St-Joseph.

À 14 ans, Maxime quitte l’école pour travailler à la forge des travaux publics où il est tout d’abord apprenti. Pendant six mois, il ne gagne aucun salaire, puis il est payé 5 francs par semaine.

À 20 ans, il fait son service militaire dans l’Armée de terre.

À sa sortie, il reprend le travail aux travaux publics en tant que chef de forge. Il touche alors 10 francs par semaine. De sa première union, avec Isabelle Mai, sont nés trois enfants : deux filles, décédées en bas âge et Rodo, âgé aujourd’hui de 67 ans.

 

Il répond à l’appel du général De Gaulle

En octobre 1941, suite à l’appel du général De Gaulle, Maxime Aubry décide de s’engager. “Lorsque j’ai parlé de ma décision à mon supérieur, il a refusé que je m’engage. Mais je lui ai dit que je n’étais pas marié avec les travaux publics, et suis parti sur le champ m’inscrire à la mairie !”, commente Maxime.

Avant de partir, il rencontre Bertha Bernardino, qui sera sa future épouse.

En 1942, il quitte Tahiti, à bord du Chevreuil. “Je me souviens encore du jour de mon départ. Je voyais la terre s’éloigner petit à petit. C’était la première fois que je partais loin de mon île. À ce moment-là, je me suis demandé si j’allais revenir et je me suis mis à pleurer comme une fontaine !” Le voilà parti pour 5 ans. Le Chevreuil avait pour mission d’escorter et de veiller à la sécurité d’un convoi de bâtiment de guerre transportant des soldats et, surtout, de parer aux attaques éventuelles de sous-marins. Maxime Aubry découvre toutes les îles du Pacifique, ainsi que les côtes américaines et celles d’Afrique du Nord. Il obtient le grade de fusilier marin dans les forces navales françaises libres.

À bord, il est le plus âgé. Il se sent responsable des jeunes marins et veille sur eux. “Du fait de mon âge, j’étais écouté par tout le monde. J’avais un peu le rôle du papa à bord. C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’appelait.” Mordu de sport, il organise à bord des matchs de foot et de boxe.

 

“Le plus heureux papa du monde”

En 1946, de retour à Tahiti, il travaille à la forge d’Henri Lambert et reprend le foot à Fei Pi. Il participe notamment au match mémorable du 14 juillet 1948, contre Excelsior, au poste de défenseur arrière. Lui et son équipe sont vainqueurs avec 4 buts contre 3.

Avant de partir à la guerre, il avait écrit une lettre à Bertha, son amoureuse : “Si tu rencontres quelqu’un d’autre pendant mon absence et qu’il te demande en mariage, accepte de l’épouser, car je ne suis pas sûr de revenir.”

Bertha l’a attendu, ils se marient et ont sept filles, coup sur coup. “Je voulais un garçon, mais je faisais toujours des filles ! Un soir, en rentrant d’une bringue, j’ai demandé à St Joseph, patron de la paroisse de Faa’a, de me donner un fils. Il m’a écouté, puisqu’en 1958, le petit Joseph est né. Puis j’ai donné naissance à un second fils, Étienne !”

À 44 ans, il rentre à la Brasserie de Tahiti. À cette époque, il continue à jouer au foot, puis devient arbitre central. En 1961, papa Aubry intègre la fonction publique au titre de surveillant stagiaire au service pénitencier de Tipaerui. Il est titularisé le 1er décembre 1962. Outre ses fonctions de surveillant, il s’occupe de toutes les réparations de portes, serrures, grilles…

Il continue sa carrière à Nuutania, puis prend sa retraite à l’âge de 61 ans, avec le titre de surveillant principal des services extérieurs de l’Administration pénitentiaire. “Je garde un bon souvenir de cette époque-là ! Je parlais beaucoup avec les détenus et ils étaient tous très gentils avec moi. Ils m’appelaient papa Aubry”.

Aujourd’hui, Maxime vit toujours à Faa’a, dans la maison qu’il a construite avec ses enfants, située route du Tavana Aubry, route qui longe l’église et le collège Notre-Dame des Anges. Il est le grand-père de 26 mootua et l’arrière-grand-père de 22 hino. “Je suis le plus heureux papa du monde, car mes enfants s’occupent très bien de moi. Chaque jour de la semaine, je le passe avec une de mes filles. Et je prends tous mes petits déjeuners avec mon fils Joseph !”

 

Une éducation très stricte

Maxime reçoit de son père, Ernest Aubry, agriculteur et chef du district de Faa’a pendant 30 ans, une éducation très stricte. Il fréquente d’abord l’école publique de Faa’a, puis poursuit sa scolarité à l’école des Frères. “J’arrivais souvent en retard à l’école, car je devais donner à manger aux bœufs avant d’aller en cours et cette tâche me prenait souvent plus de temps que prévu. Lorsque j’arrivais en classe, je me faisais gronder et on me donnait des copies à faire.” Il n’aimait pas beaucoup l’école, mais excellait dans les activités sportives, le dessin, la musique et les travaux manuels. À 13 ans, il joue au football dans l’équipe de Tefana, avec ses grands frères, mais les entraînements étant le dimanche, leur père, très pratiquant, les retire de l’équipe pour qu’ils puissent aller à la messe dominicale. Il change alors de club pour jouer dans l’équipe de Fei Pi.


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