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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Marcel Mazé, Français libre, se souvient de « sa » guerre - Camaret-sur-Mer

12 Novembre 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #Leclerc

 

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Entretien

Marcel Mazé, réside à l'Ehpad Ti ar Garantez depuis quelques mois. Il habitait auparavant au Gouerest en Roscanvel. Il nous livre quelques-uns de ses souvenirs de la guerre 39 - 45.

Comment s'est passée votre jeunesse à Brest ?

Je suis né le 2 février 1923 au Petit Paris, à Saint-Pierre Quilbignon, au 23, rue Jean-Jaurès, maintenant rue Anatole France. La maison de mon enfance a été épargnée par les bombardements. J'y suis né sur la table de la cuisine. Ma mère, était de Brest, elle tenait la maison, et mon père, lui, de Plouarzel, était second maître fusilier marin. J'avais un frère aîné. À 14 ans, j'ai commencé à travailler comme quincaillier dans l'entreprise Chupin Boulard, rue Pasteur.

Dans quelle condition avez-vous quitté la France ?

Le 18 juin 1940, les Vétérans de 14 - 18 parlaient de l'approche des Allemands, peut-être étaient-ils à Saint Brieuc ? Il y a eu comme un vent une panique à Brest. Ça m'a donné l'impression de voir un film tous ces gens qui couraient comme des fourmis sur le pont tournant. C'était la débandade. C'est alors que j'ai embarqué sur un ancien paquebot repris pour la Marine, le Meknès, pensant aller au Maroc. En plus des militaires, nous étions plus de 300 civils, dont de nombreux Bretons, à bord. Finalement le navire a mis le cap sur Southampton qu'il a atteint le 20 juin. Une partie des passagers, a rembarqué à bord de ce Meknès pour retourner sur Marseille. Une torpille allemande l'a coulé le 24 juillet 1940, au large de Portlant, occasionnant 420 victimes.

Que s'est-il passé en Angleterre ?

Nous avons été affectés à Stroke an Trent, près de Newcastle. Des militaires nous ont appris à monter des tentes à l'aide de ponchos, pour dormir. Il pleuvait des cordes. Nous avons défilé en civil le 14 juillet 1940. J'ai signé un engagement provisoire dans le bataillon de chasseurs de Camberley, où j'ai d'ailleurs rencontré le général De Gaulle, puis un engagement définitif en septembre après les classes. J'ai ensuite rejoint le camp d'Oldershot, dans le Sussex, comme magasinier. J'ai quitté la Grande Bretagne pour Gibraltar puis l'Afrique, au départ de Glasgow. En Afrique, je n'ai pas connu de faits de guerre, j'étais armurier.

Quels sont vos souvenirs d'Afrique ?

J'y suis resté jusqu'en 1946. J'ai connu le Nigéria, puis le Tchad. Je suis tombé malade assez vite, un vrai squelette, je ne pesais plus que 58 kg pour 1,80 m. Par chance, le général Leclerc est venu en inspection à Port Lamy, N'Djamena, et il a été décidé de m'envoyer en convalescence en Afrique du Sud. J'ai embarqué dans son avion. Il a voulu me céder sa place assise. En tant que 2 e classe, j'étais debout dans l'avion. Finalement, un aide de camp m'a le laissé la sienne. J'étais assis devant le général Leclerc. Après deux escales, nous avons atteint Brazzaville. Le temps de faire mes papiers, puis après six jours de bateau et six jours de train, je suis arrivé à Johannesbourg où ma convalescence a duré quatre mois. J'ai ensuite été affecté à Yaoundé jusqu'en avril 1946. Nous avons fêté, le 8 mai 1945, nous avions eu la nouvelle par la radio.

 

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