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Marcel fêté en héros

2 Décembre 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

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Marcel Barbary, 97 ans, parrain de la 1re promotion du centre militaire de Dieuze

Source : http://www.sudouest.fr/2011/12/02/marcel-fete-en-heros-569161-2780.php

«Moi, un héros ? Je suis très fier de ce que j'ai fait en temps de guerre mais je ne me considère pas comme un surhomme. J'ai combattu sans chercher à gagner des médailles. Lorsqu'on est dans l'action, on fonce et bien qu'ayant le même courage, on n'a pas tous la même chance. »

Marcel Barbary, 97 ans (98 en janvier), n'en revient pas encore. Lui, l'un des derniers survivants de la 1re division française libre de Gironde, le plus vieux porte-drapeau d'Aquitaine (et probablement de France) toujours en exercice a été accueilli et fêté en « héros » au centre de formation initiale des militaires du rang (CIFM) de Dieuze en Moselle.

Rien que pour lui, 700 soldats se sont mis au garde-à-vous et lui ont présenté les armes. Le calot vissé sur la tête, ses récompenses collées au revers du veston, Marcel Barbary a également passé les troupes en revue au côté du général.

Parrain de 60 soldats

« J'avais même un garde du corps, un gars bâti comme une armoire », dit-il en éclatant de rire. « J'avais beau lui dire que je pouvais marcher tout seul et que je n'avais pas de problème de santé, il me tenait sur le côté de peur que je tombe. Il m'a même soulevé comme un paquet pour m'aider à monter dans la jeep. » Difficile à croire en effet qu'à 97 ans, on a toujours bon pied bon œil.

Les militaires de Dieuze ne lui ont pas seulement rendu les honneurs, ils ont aussi donné son nom à la première promotion de jeunes soldats engagés du CIFM. Une promo qui compte 60 militaires.

Être parrain d'une promotion de son vivant, c'est excessivement rare. « Encore plus lorsqu'on n'a été que première classe ! » glisse l'intéressé. Marcel Barbary a été retenu après une rencontre lors du congrès des anciens de la division à Strasbourg en mai. « J'ai déjeuné aux côtés d'une femme capitaine, Virginie Meynard. La coïncidence a voulu qu'elle soit de Bordeaux. Je lui ai raconté mon histoire. Elle en a parlé autour d'elle, j'ai été contacté peu de temps après. »

Il est vrai que le parcours de Marcel Barbary est exemplaire pour de jeunes militaires. C'est l'illustration parfaite de l'abnégation, de la vaillance et du courage.

Mobilisé en 1939, Marcel Barbary a été très vite envoyé sur la ligne Maginot. Fait prisonnier peu avant l'amnistie, il a été conduit en Allemagne. « Là-bas, ma seule joie a été de retrouver mon cousin Pierrot Poumirou », dit-il. Les deux hommes sont devenus le duo invincible. Ils se sont évadés. Repris, ils ont remis ça et après avoir traversé la Suisse et la France, ils ont retrouvé le Sud-Ouest. Là, ils auraient pu rejoindre les maquisards. Leur choix a été tout autre : ils voulaient combattre au sein d'une vraie armée.

Ce qu'ils ont fait après avoir traversé l'Espagne (où ils ont été arrêtés et connu l'horreur du camp Miranda), le Portugal puis l'océan pour rejoindre la 1re division française libre en Tunisie.

Les deux Bordelais ont ainsi participé à tous les coups de force de la division : les ultimes combats en Tunisie, la libération de plusieurs villes italiennes (dont Rome), le débarquement à Fréjus, la remontée de toute la vallée du Rhône jusqu'au front de l'Est… et bien d'autres rudes batailles.

Jusqu'aux 101 coups de canon de la victoire tirés sur la place Masséna à Nice et le défilé triomphal qui a suivi à Paris.

30 000 Français figuraient au sein de la 1re DFL. 15 000 sont revenus vivants. À ce jour, Marcel Barbary est l'un des survivants les plus âgés. Malgré ses 97 ans, il porte encore le drapeau de la division. Partout en France. De peur de perdre la mémoire, il a même écrit un livre. Pour le distribuer à ses amis et ses proches. « L'Histoire d'une évasion »…

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