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"Le colonel Louis Carrière nous a quittés"

28 Mai 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #BCRA Résistance intèrieure

Extrait de link

 

 

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Combattant volontaire de la Résistance, membre du réseau Gallia, déporté notamment à Mauthausen et Flossenbourg, il était une figure de l'armée de l'air.

 

L'APPEL du 18-Juin du général de Gaulle était pour lui un hymne à la grandeur et à l'honneur et il le portait sur son cœur pour l'éternité. Pour rien au monde il n'aurait voulu manquer ce temps mémoriel qu'il illustrait toujours par le lien intergénérationnel, en demandant à de jeunes lauréats du Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation de lire devant le monument aux morts ce texte fondateur d'une nouvelle espérance. Le colonel Louis Carrière, Rémois d'adoption, est décédé jeudi soir. Sa famille, ses amis, l'armée de l'air, les anciens combattants sont dans la peine.
Il était une figure, un exemple, un homme pour qui, l'amitié fidèle, n'était pas une posture mais un état d'esprit. Le jeune garçon de Suizy-le-Franc, élève appliqué et remarqué au collège de Sézanne avant d'entrer en septembre 1938 dans les Écoles de l'armée de l'air, n'imaginait pas encore l'admirable parcours de patriote qu'il allait vivre par conviction au service de la France.

Agent du réseau Gallia


Au printemps 1940, fort de son brevet de radio navigation aérienne, il est affecté au groupe de bombardement 1/15 et se familiarise avec le quadrimoteur Farman de Reims à Saint-Yan. Il participe à trois missions de guerre au-dessus de l'Allemagne avant de rejoindre à la mi-juin l'Afrique du Nord. Après l'opération Torch du 8 novembre 1942 et le débarquement anglo-américain sur les côtes d'Algérie et du Maroc, il est rapatrié à Istres et placé en congé d'armistice. L'inactivité et la soumission à l'occupant sont pour lui inenvisageables. Il rejoint alors l'un de ses camarades pilotes et intègre le réseau de renseignements Gallia dans le sud-ouest. Ses aptitudes et son sang-froid font qu'il devient un agent particulièrement apprécié et repéré par la densité et la pertinence de son travail par le Bureau central de renseignement et d'action (BCRA) de Londres.
Il est désigné en juillet 1943 pour diriger Gallia à Limoges. C'est au cours d'une liaison qu'il effectue à Toulouse qu'il est appréhendé le 10 octobre 1943 par les nervis de la gestapo au PC du réseau. Commence alors un parcours heurté avec des interrogatoires d'une rare violence à la prison toulousaine Saint-Michel puis dans les geôles du fort du Hâ à Bordeaux. Comme il ne dit mot, il est transféré et placé à l'isolement pendant trois semaines dans le quartier des otages à Fresnes.

L'enfer des camps


Louis Carrière se demande alors s'il va être fusillé mais, il est emmené au camp de Compiègne antichambre de l'univers concentrationnaire nazi. Après un voyage pénible par le train, il arrive au camp de Mauthausen où il est placé dans le bâtiment de quarantaine avant d'être affecté au commando de Gusen dans une usine de pièces destinées à l'aéronautique de guerre. Comme ses camarades d'infortune, il vit le quotidien de cet enfer, subit la malnutrition, la déshumanisation, les humiliations des kapos et des SS. Quelques mois plus tard, il est déplacé au camp de Flossenbourg et mis d'office au commando de Leitmeritz à la frontière tchécoslovaque dans une firme de radios.
Ce n'est que le 26 mai 1945, très affaibli qu'il retrouve la terre de France. Libéré par l'Armée rouge, soutenu par des Tchèques avant son rapatriement en autobus via Francfort puis en train jusqu'à Paris. Après avoir retrouvé sa famille marnaise et six mois de convalescence, il retourne dans l'armée de l'air, fait un séjour en Indochine de juillet 1949 à décembre 1950. Il termine sa carrière militaire en avril 1970 avec plus de 5 000 heures de vol, comme sous-chef d'état-major au commandement des Écoles avant de devenir directeur des ressources humaines d'un grand groupe pharmaceutique.
Très investi dans le monde ancien combattant, Français libres et anciens déportés, il avait eu la joie d'accueillir à Reims l'amiral Philippe de Gaulle lors du passage en gare de Reims du Train de la France libre.
Le colonel Louis Carrière était commandeur de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du Mérite, médaillé de la Résistance, titulaire de la croix de guerre 39-45 avec palme et titulaires de nombreuses autres décorations.
À son épouse et à tous les siens, l'union dont il était un ami, adresse ses sincères condoléances.

Hervé CHABAUD

 


carriere_louis_photo_famille.jpgA lire également :

Itinéraire d'un Français libre,
déporté à Mauthausen
Louis CARRIÈRE

Témoignage mis en ligne par Jean-Pierre HUSSON

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