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Laure Diebold-Mutschler, secrétaire oubliée de la Résistance

24 Avril 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #BCRA Résistance intèrieure

Journal "L'Alsace" du 24 avril 2011 : link

 

 

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"Laure Diebold-Mutschler a servi Jean Moulin et a été nommée Compagnon de la Libération, mais l’Alsace ne s’en souvient pas. Anne-Marie Wimmer a décidé de lui offrir une notoriété posthume.

Si l’on en croit le colonel Mary-Basset, lui-même grand résistant, Laure Diebold-Mutschler fut rien de moins qu’ « une sorte de directrice administrative de la Résistance ». Elle fut une des très rares femmes (six seulement, sur 1 038) auréolées du titre prestigieux de Compagnon de la Libération. Ses funérailles, à Lyon, ont reçu les honneurs militaires. C’est une héroïne alsacienne, et pourtant l’Alsace l’ignore : elle fait partie, regrette Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération, de ces nombreuses « oubliées de l’Histoire », de ces soldats discrets de « l’armée des ombres » qui a osé résister à la puissance barbare du III e Reich.

Le souvenir de Laure Diebold, née Mutschler (1915-1965), qui a vu le jour à Erstein, a grandi à Sainte-Marie-aux-Mines et est décédée à Lyon, n’est publiquement entretenu qu’en deux lieux alsaciens : son nom baptise une place de Sainte-Marie-aux-Mines et une rue d’Erstein. À cela s’ajoutent une rue à Lyon et une autre à Gueugnon-sur-Loire.

Pas mal ? Bien trop peu aux yeux d’Anne-Marie-Wimmer. Peintre, auteur de quelques livres, cette autre Ersteinoise de naissance est animée par une « sainte colère » depuis qu’elle a découvert simultanément, il y a trois ans, l’existence et l’oubli de « Laure ».

C’était en avril 2008, par le biais de l’archiviste d’Erstein, à l’occasion d’un ouvrage sur cette ville. « J’en ai parlé autour de moi : personne ne savait qui c’était ! »

Anne-Marie Wimmer s’est alors investie d’une mission : lui assurer une notoriété posthume par la grâce d’un livre, publié aujourd’hui aux éditions Ponte-Vecchio.

L’ouvrage alterne deux histoires: celle de la résistante (c’est sa première biographie) et celle de l’enquête de l’auteur, qui se met en scène avec des accents de journal intime.

En 1940, à 25 ans, Laure Mutschler aide des personnes à quitter l’Alsace annexée à travers les Vosges. Repérée, elle fuit elle-même, fin 1941, et rejoint Lyon. À partir de 1942, elle devient la secrétaire de Jean Moulin puis celle de ses successeurs sous le pseudonyme de Mado. En septembre 1943, elle est arrêtée. « Elle sait tout, mais ne dit rien ». Le décret lui attribuant la Croix de la Libération précise que, « sous la torture, elle a gardé un complet silence ». Déportée à Ravensbruck, libérée par les Américains en avril 1945, elle mène ensuite une carrière de secrétaire et de bibliothécaire. Aujourd’hui, elle est inhumée à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le caveau de la famille de son mari. « Née catholique dans le Bas-Rhin, enterrée chez les protestants dans le Haut-Rhin, elle devrait faire l’unanimité, non ? »

Pourquoi ce déficit de reconnaissance ? Anne-Marie Wimmer avance une explication : « Les trois femmes compagnons de la Libération les moins connues sont celles qui n’ont pas eu d’enfants. Donc personne pour porter le flambeau… » Il y a une autre raison, évidente : l’immense modestie de la résistante, dont la discrétion fut justement, dans cette mission, une qualité majeure.

Hervé de Chalendar

LIRE « Code : Mado, Mais qui est donc Laure Diebold-Mutschler ? », Anne-Marie Wimmer, Ponte-Vecchio éditions, 262 pages, 21 €. On pourra notamment trouver cet ouvrage dans les endroits suivants : librairie Hartmann, Colmar ; espace culturel du centre Leclerc, Altkirch ; librairie Gangloff, Strasbourg."

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bob 22/10/2015 10:18

Ces Personnages me fascinent.
Discrets. Grands. Magnifiques.
De Grands Hommes et Femmes de la Nation française
Mille mercis n'y suffiraient pas pour exprimer notre gratitude.