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Le blog de francaislibres.over-blog.com

« La côte anglaise semblait nous narguer »

18 Juin 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #Leclerc

 http://www.quimper.maville.com/actu/actudet_--La-cote-anglaise-semblait-nous-narguer-_fil-2171962_actu.Htm

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Jean-Paul Lavoix,link un Français Libre parmi les 51 817 engagés volontaires qui se sont placés sous les ordres du Général de Gaulle entre le 18 juin 1940 et le 31 juillet 1943. Il est actuellement immobilisé à cause d'une fracture.
En 1941, il a effectué une étonnante traversée pour répondre à l'appel de de Gaulle et rejoindre les Forces françaises libres en Angleterre. Installé à Kerlouan, Jean-Paul Lavoix raconte.
L'histoire

 

En 1939, Jean-Paul et Pierre Lavoix avaient quitté leur ville natale de Douai pour un village picard : « Depuis Fort-Mahon à 60 kilomètres au Sud de Boulogne, nous regardions vers Douvres. La côte anglaise semblait nous narguer. » Ainsi venait de germer l'idée de partir au plus court, à travers la Manche. « À notre tour de garder au combat, la place de notre père en 1914 et celle de notre grand-père en 1870, nous revendiquions le droit d'être des Français, debouts. »

La préparation et le départ

Pendant un an, Les frères Lavoix, les frères Richard et un cinquième compère (tous ont entre 17 à 19 ans) s'entraînent à bord de canoës canadiens de 4,30 m de long. Lorsqu'ils s'estiment prêts, en septembre 1941, ils profitent de la nuit et d'une mer d'huile : « Nous avions une voile par canoë, des vivres, un fusil ainsi que 45 cartouches... En cas de mauvaise rencontre. » À 150 m de là, le poste allemand ne les voit pas. Ils ne seront pas non plus repérés par l'aviation ni par les patrouilles des vedettes.

Si la traversée se passe bien, elle n'est pourtant pas sans surprises : « Au départ, notre bonne étoile donne bien le cap puis elle nous ramène vers Boulogne ! La boussole confirme l'erreur. Si l'étoile polaire est immobile, le chariot de la petite ourse tourne, c'est ce qui nous a mis dedans ! » En vue des côtes anglaises, c'est l'enthousiasme puis la déception : la renverse de marée les repousse au large. C'est seulement après trente-trois heures d'effort que les jeunes parviennent à accoster. Ils ont navigué 150 km au lieu des 75 km prévus.

Une réception grandiose

D'abord accueillis sur la côte par des ouvriers anglais, les cinq jeunes sont ensuite reçus par le Général de Gaulle. Plus tard, c'est Winston Chruchill qui les invitera au 10, Dawning Street : photos et articles immortaliseront cette rencontre. La presse salue l'exploit sportif et les appelle : The Five Boys.

Dès 1941, le frère aîné des Lavoix s'engage dans la Marine tandis que Jean-Paul et ses copains intègrent l'école des Cadets de la France Libre. Jean-Paul Lavoix s'engagera ensuite dans la 2e DB et participera à la libération de Paris. En 1945, il quitte l'armée : « Chez les Français libres, on ne voyait que l'objectif » conclut Jean-Paul Lavoix.

Après 45 ans dans le métier de la manutention portuaire, Jean-Paul Lavoix a choisi de s'installer à Kerlouan pour sa retraite. Les Bretons ? Il les connaissaient bien depuis Londres : « En 1941, la majorité des Français libres étaient bretons ! »

Ouest-France  

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