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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Joyeux anniversaire, monsieur Robert Galley !

11 Janvier 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #La France Libre

Un article de l'Est L'Eclair , du 11 janvier 2010 link

Auteur : Jean-François LAVILLE

 gallet.jpg

 

Aujourd'hui, Robert Galley link fête ses 90 ans. L'occasion de rappeler la richesse d'une vie, tant aux plans politique, militaire, que dans le domaine social

Il est des hommes auprès desquels - en dehors de toute fausse modestie - on se sent forcément tout petit. Parce qu'ils bénéficient d'un charisme étonnant, d'une autorité naturelle, d'une culture à toute épreuve et d'un courage à nul autre pareil. Robert Galley est de ceux-là.
Aujourd'hui, 11 janvier, il fête son quatre-vingt-dixième anniversaire. Quatre-vingt-dix bougies qui vont illuminer une vie exceptionnelle. Beaucoup croisent en effet sa haute silhouette sans même le reconnaître. Qui garde encore en mémoire l'action de ce héros de la Résistance ? Lui qui, costumé en soldat polonais, a quitté la France dès 1940 pour s'engager dans les Forces Françaises Libres. Il devait gagner tous ses titres de gloire dans les chars de combat, que ce soit au Gabon, en Tunisie, en Syrie, puis en France avec la libération de Paris, les batailles de Lorraine et d'Alsace, se distinguant tout particulièrement lors de la prise d'Andelot, de Baccarat, de Strasbourg et d'Herbsheim. Il poursuivra jusqu'au « nid d'aigle » avec la prise de Berchtesgaden en mai 1945.
Tournant la page de ses combats militaires qui lui valurent d'être élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur, sortant en 1949 avec le titre d'ingénieur, le voilà qui entre dans un autre monde : celui de la recherche au plus haut niveau. Il est notamment chargé de la construction de l'usine de plutonium de Marcoule. Il enchaîne avec celle de Pierrelatte.


Dévoué aux autres


1968 approche, ainsi qu'une nouvelle vie. Nommé ministre de l'Équipement et du Logement, il est pressenti par le général de Gaulle pour devenir Premier ministre alors que Georges Pompidou refusait la place. « Gendre du général Leclerc, il voyait en lui un homme neuf, un homme jeune qui, indépendamment de sa qualité de compagnon de la Libération, avait fait ses preuves en construisant l'usine de Pierrelatte », note Xavier de la Chevalerie dans l'un de ses ouvrages.
Débutait une longue carrière de ministre, la plus longue recensée à ce jour sous la Ve République. Robert Galley fut tour à tour ministre des Postes et Télécommunications, des Transports, des Armées, de l'Équipement, de la Coopération. 1968, c'est aussi l'année où il fait son entrée à l'Assemblée nationale.
En 1972, il succède à Henri Terré dans le fauteuil de maire de Troyes. Il sera aussi trésorier du RPR durant sept ans et président du comité de bassin Seine-Normandie.
Une nouvelle page va encore se tourner, en 1995, lorsqu'il cède la place de maire à François Baroin. Cela ne l'empêche pas de rester conseiller municipal durant un mandat.
Et dans sa permanence de la rue du Général-Saussier qu'il a quittée voilà seulement quelques mois, Robert Galley continuait de suivre de près l'actualité politique et scientifique. Il nous confiait alors son sentiment d'avoir simplement fait ce qu'on lui avait demandé, de s'être dévoué aux autres, notamment au service des jeunes en difficulté au sein de la Mission locale : sa plus grande fierté.
 

 

 

Quelle image de Robert Galley Conservez-vous ?

 
François Baroin, ministre du budget et maire de Troyes
« Je salue l'œuvre de Robert Galley en tant que libérateur de notre patrie, en tant qu'éminent chercheur au service de la nation, en tant que premier magistrat de notre ville et en tant que membre du gouvernement pendant quatorze années sans interruption.

C'est un parcours exceptionnel qui force naturellement le respect et l'admiration. Chacun mesure l'immense travail qu'il a accompli pour nous et les générations futures. »


Jean-Pierre Cherain, ancien chef de file de la gauche à Troyes
« Robert Galley, lorsqu'il faisait de la politique, et notamment lorsqu'il était en campagne, était un personnage redoutable. Il possédait un sens très aigu de la politique sur le terrain. Je suis un peu partagé

à son égard dans la mesure où j'ai du respect pour l'homme, pour son passé patriotique. C'est quelqu'un d'intelligent.
En revanche, je n'ai jamais partagé ses convictions politiques au plan national, ni même son mode de gestion de la mairie de Troyes. »
 

Pascal Thomas, il fut son plus jeune conseiller municipal
« J'ai intégré le conseil municipal de Troyes lorsque Robert Galley était maire, en 1983. J'étais alors proche de Jacques Palencher (le bras droit du maire de Troyes à l'époque, NDLR). Pour moi, Robert Galley témoigne d'un des plus beaux destins de la Ve République. Une vie riche en responsabilités pour un homme qui savait faire confiance et qui donnait les moyens d'agir. Il reste aujourd'hui un homme chaleureux, convivial, fidèle, très humain et plein d'humour. »

 

Hubert Danesini, résistant, ancien collaborateur de Robert Galley
« J'ai été son assistant parlementaire de 1971 jusqu'en 1986. Je n'ai de lui que des souvenirs exceptionnels. Il était un excellent patron et on l'admirait, notamment pour son intelligence remarquable. Il possédait aussi une mémoire terrible. On ne pouvait pas lui raconter des histoires. Ensemble, nous avons fait beaucoup de travail. Aujourd'hui, il me considère comme un ami. C'est un homme de cœur qui m'a apporté un secours moral très fort lors du décès de ma femme.

 

Jean-Paul Maïer, ex-directeur de la mission locale
« J'ai des liens assez particuliers avec Robert Galley que je connaissais avant de venir à Troyes lorsqu'il était président des Volontaires du progrès. Lorsque je suis rentré d'Afrique en 1992, il m'a confié la Mission locale de Troyes. J'ai alors travaillé avec un homme très exigeant, très humain. Un homme qui faisait confiance, qui ne la retirait pas, ce qui n'empêchait pas les coups de gueule. En fait, je lui dois tout sur la connaissance des contraintes sociales rencontrées à Troyes. »


Patrick Goubeault, ancien adjoint et suppléant de Robert Galley
« C'est toujours le compagnon de la Libération qui me fascine. Il m'a souvent raconté cette période de sa jeunesse, avec pudeur, comme si son évocation réveillait encore plus de douleur que de nostalgie. Ses successeurs, dopés aux sondages et à l'audimat, n'ont jamais été à sa hauteur. Robert Galley reste un des derniers de cette époque où les hommes politiques voyaient à la France une vocation, où les héros étaient plus honorés que les victimes, et le service de l'État plus noble que celui de sa propre image. »

 

 

 Les anecdotes de Jacques Schweitzer, maire adjoint durant… 23 ans

Au Niger
« Vice-président délégué de la Mission locale, j'ai organisé en 1985 avec l'association des Volontaires du progrès un stage de réinsertion sociale et professionnelle de douze jeunes au Niger. Nous sommes allés les voir avec Robert Galley. J'ai été impressionné par la popularité de ce dernier, ancien ministre de la Coopération. Au même moment, le président François Mitterrand venait d'envoyer Guy Penne, son conseiller personnel pour les affaires africaines, à Niamey afin de rencontrer le président du Niger, Seyni Kountché. Ce dernier nous invite, embrasse le maire de Troyes, l'appelle "Mon frère", convoque la presse, la télévision et laisse poireauter Guy Penne pendant trois jours avant de le recevoir. »


Mariage blanc
« Un jour, je célèbre le mariage d'une jeune de la Mission locale et je m'aperçois que le futur est un Mauricien inconnu.

Je pressens alors un mariage blanc : je mets Robert Galley au courant. Dès la semaine suivante, il intervient à la tribune de l'Assemblée et la loi est changée. »


Autoroutes
« Une œuvre majeure de Robert Galley pour sa Ville. En mai 1976, ministre de l'Équipement, il élabore et prend une part personnelle dans le schéma autoroutier national. Étaient ainsi jetées les bases de l'A5.

»

 


 

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