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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Hommage à John Martin

7 Janvier 2013 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

martin.JPG

 http://www.ladepeche.pf/article/societe/hommage-a-john-martin

 


Lundi soir 31 décembre 2012 à 21h14, au début du réveillon de la Saint Sylvestre, John Martin, http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=83806  dernier survivant du Bataillon du Pacifique vivant en Polynésie française s’en est allé, discrètement, rejoindre ses valeureux camarades tamarii volontaires, laissant une famille éplorée et plongeant le monde combattant polynésien dans une grande tristesse.

Avec son départ, la France et la Polynésie pleurent l’un de ses meilleurs enfants, l’un de ses plus fidèles serviteurs.

John était né le 8 décembre 1921à Papeete.

Il s’engage parmi les tout premiers le 9 septembre 1940, une semaine à peine après le ralliement de la Polynésie à la France libre, pour la durée de la guerre au titre des Forces françaises libres et incorpore le Bataillon d’infanterie de marine du Pacifique.

Et il le fait par amour de la Patrie, en obtenant la dérogation de sa maman, car alors la majorité est à 21 ans et il n’en a que 18 !

Le 20 janvier 1941, il est nommé caporal, et le 21 avril, il embarque avec les 300 premiers volontaires du bataillon à bord du Monovai.

Arrivé à Suez, il part suivre l’école des officiers à Damas en Syrie en septembre et octobre 1941. Pour quelque dixièmes de points, il n’obtient pas son galon d’aspirant, mais il est nommé sergent le 25 octobre et devient adjoint au chef de section au sein de la 1°Cie du BP1.

De janvier à mai 1942, il participe aux opérations “Jock Column” et à de nombreuses patrouilles de nuit au cours desquelles, il détruit plusieurs canons italiens.

Puis c’est la bataille de Bir Hakeim, d’où il parviendra à s’échapper avec une quinzaine de soldats de sa section. Par la suite, il combat à la côte 92 de Himeimat contre la division parachutiste italienne “Folgore”, puis participe à la poursuite de l’Afrika Korps de Tripolitaine jusqu’en Tunisie.

À Tunis, il prend le commandement d’une section de Calédoniens.

Il débarque en Italie à Naples le 20 avril 1944 et monte au front dans la région de Monte Cassino. Il prend position avec son unité sur le Garigliano, au sud de Cassino. Livrant de furieux combats, il participe à la prise de San Andrea, puis de la Guardia et de Ceverone, et enfin de San Appolinario. Lors des combats sur les pentes du Girofano, il est blessé à la cuisse et au pied droit par des éclats de mortier le 11 mai 1944.

Mais le BIMP a rompu la ligne Gustav. Le 12 mai transféré à l’hôpital américain de Meddalonie, il y retrouve son grand ami Max Noble blessé au genou.

Encore convalescent, il rejoint le bataillon à Tarente pour participer au débarquement de Provence et touche enfin le sol de la “Mère Patrie”, à Cavalaire, sous les rafales de MG 42 le17 août 1944.

Lui et ses camarades, originaires du Pacifique, ont enfin atteint la terre promise, découvrant cette “Mère Patrie “dont on leur a tant parlé, pour laquelle de nombreux camarades ont été tués, eux-mêmes blessés avant de la connaître

À l’entrée d’Hyères, les Allemands ont transformé le Golf Hôtel en forteresse. Après un premier échec, le 19, le BIMP prépare une seconde attaque le 20 août, appuyée par l’artillerie de la division.

John conduit l’assaut à la tête de sa section calédonienne, ils pénètrent dans le Golf Hôtel où ils feront plus de 150 prisonniers.

Le 21 août, John entre dans Hyères avec ses camarades. Leur victoire est totale. Ils poursuivent vers Toulon et livrent de terribles combats à La Garde qu’ils conquièrent de nuit et à La Mauranne.

La chaleur est étouffante. Les vignobles étagés en terrasses constituent un champ de bataille difficile. Mais rien ne semble pouvoir arrêter le BIMP.

Le 1er septembre, John découvre Nîmes, le 4 Lyon et le 7 Chagny.

Le BIMP pourrait aller plus vite, mais il manque de carburant.

Les Allemands se rendent en masse. Le bataillon se regroupe avec l’ensemble de la division dans la région de Dijon.

Puis la 1ère DFL relève la 45e division US dans les Vosges, le 20 septembre.

Le 26, le BIMP attaque à Magny-Jobert, dont il s’empare, et stoppe une contre-offensive ennemie.

Le 2 octobre, il s’empare de Ronchamp après plusieurs jours de combats difficiles.

Le 18 octobre 1944, il est promu sergent-chef.

Les tamarii volontaires sont vraiment fatigués, leurs rangs se sont éclaircis. Le 5 octobre, le BIMP est mis au repos à Recologne. Le 21, l’état-major ne voulant pas imposer aux originaires du Pacifique un hiver supplémentaire au front, les retire et les envoie à Luxeuil.

Le 16 novembre 1944, John est affecté à la Cie du QG 31 à la Tour Maubourg à Paris.

Il assure la garde du gouverneur militaire de Paris, le général Koenig, son chef de Bir Hakeim, dont il épousera la secrétaire, Simone le 17 juillet 1945.

Ils rentrent tous les deux à Tahiti avec le Sagittaire le 5 mai 1946 et ne se sont jamais plus quittés.

John fait partie de ces hommes dont le général de Gaulle déclara le 28 mai 1945 en décernant au bataillon la croix de la Libération : : “Gardera dans l’histoire la gloire d’avoir représenté l’infanterie coloniale sur les champs de bataille où les Forces françaises libres ont été les premières à reconquérir l’Honneur.”

John est titulaire des décorations suivantes :

- Commandeur de la Légion d’honneur

- Médaillé militaire

- Officier de l’Ordre national du Mérite

- Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile-d’argent

Citation suivante :

“Sous-officier calme et discipliné. A pris part avec une égale bravoure aux campagnes de Libye 42-43, Tunisie. Blessé à la tête de son groupe pendant l’attaque de nuit du 11 au 12 mai 1944, dans la région de Girofano, alors qu’il le menait à l’assaut d’une maison fortifiée ennemie.”

 Médaille coloniale avec agrafes “Libye 42” “Bir Hakeim” “Tunisie” “Tripolitaine”

 Médaille de la Résistance

 Croix du combattant volontaire de la Résistance

 Croix du combattant volontaire 39/45

 Croix du combattant

 Médaille d’Italie

 Médaille des services volontaires de la France libre

 Médaille des blessés

 Officier de l’ordre de Tahiti nui

 

John Martin était le guide, la référence du monde combattant polynésien dont il fut secrétaire général (directeur aujourd’hui) au service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de 1978 à 1982.

Nul n’aurait pris une décision sans avoir songé à lui demander son avis.

Aujourd’hui, l’ensemble du monde combattant polynésien remercie John Martin, homme charismatique, homme de Paix, père, chef et ami attentionné pour son engagement, sa détermination, ton patriotisme et l’exemple qu’il fut et demeure pour tous.

Ardent défenseur de la mémoire des valeureux tamarii volontaires, les jeunes générations se doivent de ne pas l’oublier, de continuer à transmettre et défendre ses valeurs auxquelles John était si attaché “Liberté, Égalité et Fraternité”.

Car c’est à cette race d’hommes là dont John était l’un des dignes représentants que nous devons tous aujourd’hui de vivre libre dans un monde, certes difficile, mais en Paix. Cette liberté qui nous semble si naturelle, mais dont ils nous ont fait le cadeau au prix de leur sang et de leur vie.

 

Philippe Leydet,directeur ONAC/PF

 


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