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Le blog de francaislibres.over-blog.com

France libre. Le Narval refait surface

30 Juin 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #FNFL

Sans-titregh.JPGwww.letelegramme.com/  link

 

Jean-Louis Maurette est le premier Français à avoir plongé sur l'épave du sous-marin Narval, premier bâtiment à avoir choisi le camp de la France libre. Le sous-marin repose au large des côtes tunisiennes, par 40mètres de fond.

 

 

«Trahi sur toute la ligne, je rallie un port anglais». Nous sommes le 24juin 1940. Après avoir télégraphié ces quelques mots, le capitaine de corvette brestois François Drogou, qui commandait le Narval, quitte Sousse, en Tunisie, et met le cap sur Malte, port tenu par les Anglais. Laissant à terre 31hommes de son équipage ayant choisi de renoncer. Ce sous-marin de 78m, construit en 1925, est le premier bâtiment de guerre à suivre le sillage du Général de Gaulle. Pendant plusieurs mois, il effectuera plusieurs missions en Méditerranée occidentale. Le 15décembre 1940, il sautera sur une mine immergée par les forces de Vichy, à40milles nautiques au large des côtes tunisiennes. Les 50 marins qui formaient son équipage périront. Seuls deux sous-mariniers échapperont au drame. Malades, ils étaient restés à terre.

Des conditions rocambolesques

Le 10juin dernier, soit plus de 60 ans après le drame, Jean-Louis Maurette, un plongeur de Quimperlé (29), membre de la mission Scyllias (lire ci-contre), a visité, pour la première fois et par 40m de fond, les flancs du Narval. Vingtminutes d'intense émotion. «Cela faisait des années que je travaillais sur le sujet. Un armateur du sud de la France s'était engagé à mettre à notre disposition un bateau de35m. À un mois du départ, il nous a fait faux bond, j'ai dû trouver une autre solution», explique Jean-Louis Maurette. Il y a quelques jours, ce dernier s'est rendu en Tunisie. «Nous avions demandé des autorisations pour plonger. Comme elles ne nous ont jamais été accordées, nous avons plongé en toute illégalité dans une zone ratissée par les gardes-côtes». L'île de Lampedusa où accostent de nombreux réfugiés étant à proximité. Sur place, Sélim Baccar, un de ses amis plongeurs, surnommé le Cousteau tunisien, lui trouvera un bateau. «Un boutre de 6m de long, avec un moteur poussif, armé par un policier qui avait pris un jour de congé et un jeune migrant qui avait été refoulé de France». Les quatre hommes partiront en pleine nuit du jeudi9 au vendredi10juin, entre deux rondes de militaires. Le matériel de plongée caché sous des couvertures. Après sept heures de navigation, ils arrivent enfin sur zone, près des îles Kerkennah. «La Marine nationale française m'avait indiqué approximativement la position du Narval. On a plongé une première fois pendant 25 minutes. On est remonté bredouille».

La coque éventrée

Ils auront la chance de croiser plusieurs chalutiers. Un des patrons leur indiquera avec précision la localisation de l'épave qu'ils trouveront facilement. «Sélim et moi, on était très émus. Mais déçus en même temps. Car on s'attendait à un meilleur état de conservation de la coque. Elle était éventrée». L'oeuvre probablement de ferrailleurs italiens sans scrupule qui, en 1957, sont venus piller le Narval à l'aide de grappins.

 

«La coque était recouverte d'une épaisse couche d'éponges et de gorgones. En vingt minutes, nous n'avons pu explorer que l'arrière. Soit un tiers de la coque. On n'a pas réussi à localiser l'avant». Aucune trace des occupants du sous-marin. Les ossements ont été dispersés par les courants. Le plongeur est resté sur sa faim. «Il faut absolument y retourner. Je reste persuadé qu'il reste pas mal d'éléments sous l'eau». Cette nouvelle plongée serait aussi l'occasion d'immerger une stèle à la mémoire de l'équipage comme cela se fait dans certains pays. «Il existe une stèle à Brest, près du Château. Mais l'épave se dégrade très vite. Il faut de toute urgence engager une action de mémoire». Actuellement, Jean-Louis Maurette tente de trouver des mécènes pour toucher à nouveau la coque du Narval. Selon lui, 10.000€ suffiraient pour repartir dans de bonnes conditions. Toujours soucieux de retisser le lien entre le passé et le présent, le plongeur recherche aussi des témoignages de personnes qui pourraient l'éclairer sur l'histoire du sous-marin et de son équipage.

 

 

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