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Fontenay-aux-Roses rend hommage à Laure Diebold

20 Juin 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #BCRA Résistance intèrieure

 

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Une allée de Fontenay-aux-Roses porte désormais le nom de Laure Diebold-Mutschler. Une reconnaissance pour la secrétaire de la Résistance, née à Erstein et qui a vécu de 1943 à 1953, dans cette banlieue de Paris.

19 h jeudi soir, au Parc de Sainte-Barbe à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Le maire Pascal Buchet ôte le drapeau français dissimulant une plaque. L’allée qu’elle désigne porte désormais le nom de Laure Diebold-Mutschler (1915-1965), « Compagnon de la Libération ». link

« Ce qui se passe aujourd’hui est magistral, inouï. Vous accueillez Laure Diebold et la reconnaissez comme l’une des vôtres », commente Anne-Marie Wimmer, auteur d’une biographie sur cette résistante, originaire comme elle d’Erstein ( L’Alsace du 20 avril). « C’est une vraie héroïne, pas seulement nationale et alsacienne, mais aussi fontenaisienne ! », s’exclame-t-elle devant 200 personnes environ réunies pour la cérémonie.

Fanfare militaire, choristes interprétant le Chant des partisans et la Marseillaise, présence des anciens combattants, mais aussi de descendants de la famille de « Mado » (nom de guerre de Laure)… Fontenay rend un hommage appuyé à la grande résistante — seules six femmes ont reçu ce titre de Compagnon de la Libération —, à qui elle consacre aussi une exposition en mairie.

Car elle doit ces récentes retrouvailles aux recherches d’Anne-Marie Zimmer, qui a découvert que Laure Diebold-Mutschler a vécu dix ans dans cette banlieue sud de Paris. En 1943, après l’arrestation de Jean Moulin, dont elle était la secrétaire, Laure s’y installe chez son frère. L’administration de la Résistance avait en effet dû quitter Lyon pour Paris. L’Alsacienne travaille pour les successeurs de Jean Moulin jusqu’à ce qu’elle soit à son tour arrêtée. Malgré la torture, elle ne dévie pas de sa version : celle de « boîte aux lettres » de la Résistance, et non de directrice administrative qu’elle est réellement. Déportée, gravement malade, elle échappe miraculeusement au four crématoire. Après guerre, elle revient vivre à Fontenay-aux-Roses jusqu’en 1953, puis suit son mari à Lyon, où elle meurt en 1965.

Malgré des funérailles quasi nationales, sa mémoire s’est pourtant lentement effacée. « Fontenay met du baume à mon coeur d’Alsacienne un peu meurtri, estime Anne-Marie Wimmer. Le nom de Laure a seulement été donné dans notre région à une rue d’Erstein, une place de Sainte-Marie-aux-Mines (où elle est enterrée) et un salon à la préfecture de Colmar. Mais aucune trace d’elle au Mémorial de Schirmeck, où elle a pourtant été internée ! Or son refus de l’indignité, sa lutte pour la liberté restent complètement d’actualité, même si l’ennemi a changé de visage… » C’est au nom de la transmission de la mémoire que Pascal Buchet explique avoir choisi le cœur du parc pour poser cette plaque : « Cela appellera, nous l’espérons, des interrogations des enfants et des parents qui s’y promènent. Mieux connaître l’histoire permet de ne pas reproduire les erreurs du passé. »

,Simon Barthélémy, du journal L'Alsace link

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