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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Corse - Société Voter1 La vérité sur la trahison qui coûta la vie à Fred Scamaroni

5 Novembre 2011 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #BCRA Résistance intèrieure

 

 

Corse-matin : link

 

 

Louis Luciani, professeur d'histoire poursuit son travail sur la répression en Corse durant la 2e Guerre mondiale. Ses découvertes remettent en cause la thèse de la dénonciation du héros de la Resistance

Fred Scamaroni  link  avait 29 ans le 18 mars 1943 lorsqu'il est arrêté chez ses logeurs, les Vigniocchi à Ajaccio. Pendant des années, tout le monde a pensé que c'était son radio, membre de son réseau de résistance action R2C Corse, Jean-Baptiste Hellier, nom de code « Ambroise », qui l'avait donné aux Italiens. Soumis à la torture et arrêté quelques heures auparavant par les services du contre-espionnage italien, le radio de Scamaroni aurait alors tout avoué à ses tortionnaires.

Mais la recherche historique ne cesse d'avancer sur les différents dossiers où figurent encore des zones d'ombres.

Louis Luciani*, professeur d'histoire au collège de Luri, a fait des découvertes importantes. Ses conclusions remettent en cause toute la thèse officielle.

«J'étais à Rome en voyage linguistique avec mes élèves. Le dernier jour, nous nous sommes rendus aux archives. Sur place je fais la connaissance fortuitement de l'avocat Dominique Mannironi. Il a travaillé indirectement sur le dossier Scamaroni. Il enquête sur l'arrestation, début 1943, de son père, résistant antifasciste de la première heure. Deux espions venant d'Alger, un certain Salvatore Serra et un agent anglais John Amstrong, se font cueillir par les carabiniers italiens lorsqu'ils débarquent en Sardaigne. Dans leurs papiers, figure le nom du père de ce Manironni qui sera arrêté dans la foulée. »

Hellier trahi par un eczéma sur l'oreille

Le sang de Louis Luciani ne fait alors qu'un tour. Il sait par le biais de son ami Sylvain Gregori, historien de renom également, qu'un livre écrit par Virgionio Sias, responsable du contre espionnage italien en Corse relate des faits où le nom de Salvatore Serra apparaît. « Serra et l'agent Amstrong sont arrêtés après leur arrivée en Sardaigne et envoyés à Rome. Mais Serra qui est un sombre personnage, ancien carabinier qui a volé dans les caisses de son régiment, condamné à 30 ans de réclusion, va tenter de négocier avec les Italiens. Il leur dit qu'il peut faire tomber un réseau sur Ajaccio. Les transalpins se fient à ses déclarations et le transfèrent de Rome vers Piombino. Il débarque à Bastia. Dans la foulée il est envoyé à Ajaccio où il affirme qu'il peut reconnaître Hellier. »

Ce dernier sera identifié par Salvatore Serra par un eczéma sur le lobe de l'oreille. « Virgionio Sias le déclare lorsqu'il relate les propos de Serra: « Je ne peux pas me tromper. Je le reconnais grâce à un eczéma sur l'oreille, que j'avais remarqué pendant le voyage en sous-marin et qui est toujours visible. » Serra avec Amstrong, connaissaient Hellier sous le nom de Louis. Ils s'étaient entraînés avec lui dans les camps des renseignements anglais en Écosse et en Algérie. Les Italiens arrêtent Hellier à Ajaccio dans un bar Le trou dans le mur. »

Le radio de Scamaroni va alors être soumis à des tortures atroces pendant plus de trente heures. Mais il ne parlera pas. Louis Luciani en veut pour preuve son exécution quelques jours après et ne cesse de marteler : « Les Italiens ne fusillent pas ceux qui collaborent avec eux. Hellier mérite la mention mort pour la France. »

Louis Luciani va encore plus loin dans son analyse historique. Sias, dans son livre, explique comment il remonte jusqu'à Scamaroni : il trouve dans le tube de crème, le nom des logeurs du Résistant.

Sias avec son escadron n'a plus qu'à s'y rendre et à cueillir Fred Scamaroni qui malgré les consignes avait décidé de rester : « Ce n'est pas au moment le plus dangereux qu'un Capitaine lâche son armée. »

L'honneur d'Hellier est, donc, sauf dans cette sombre affaire. Reste le martyre de Fred Scamaroni qui, malgré les tortures ignobles qu'il va subir dans sa cellule, ne parlera jamais. Il préfère se donner la mort en écrivant avec son sang : « Je n'ai pas parlé. Vive de Gaulle ! Vive la France ! »

*Louis Luciani a travaillé sur ce dossier avec plusieurs spécialistes de la Seconde Guerre mondiale. Giuseppe Conti, professeur à la Sapienza, Mauro Canalli, professeur à Rome II et Sébastien Albertelli, l'historien spécialiste du BCRA dont faisait partie Fred Scamaroni. Et l'avocat Dominique Mannironi de Nuoro.

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