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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Carmaux. "Le 8 mai 1945, c'était une joie terrible"

8 Mai 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

Un article de la Depeche : link

 

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Engagé à 20 ans dans les forces françaises libres, Maurice Paulhiès link , 89 ans, retraité de l'enseignement à Carmaux, n'a rien oublié du soulagement formidable du 8 mai 1945.

«Le 8 mai 1945, on venait de descendre au repos à Antibes. On attendait dans la caserne, on savait que la guerre allait être finie. à midi les cloches ont sonné, les sirènes mugi. On a fait des défilés dans tout le coin, j'étais sur la croisette à Cannes, je portais le fanion. C'était une journée très dangereuse parce que les gens nous jetaient des roses et le sol glissait beaucoup».

Dans sa jolie maison de Carmaux, Maurice Paulhiès, 89 ans, bon pied bon œil, a l'esprit aussi vif que prompt à plaisanter.

Impossible de le prendre en défaut sur les dates et les détails de l'histoire. La sienne et celle de la France libre dont il a rejoint les rangs fin mai 1943. C'était il y a 69 ans, il en avait tout juste 20. Six mois avant, il s'était échappé de l'internat du lycée de Tunis où il suivait une formation d'instituteur. « Les États-Unis débarquaient au Maroc, les Allemands investissaient la Tunisie, les troupes françaises quittaient Tunis et Pétain avait donné l'ordre de s'opposer à l'invasion des Anglo-saxons », résume Maurice.

« Moi, je voulais rejoindre les troupes du Général de Gaulle ». Il lui faudra deux mois pour atteindre son objectif, après avoir refusé de signer son engagement dans le 62e régiment d'artilleurs d'Afrique où il était requis civil.

« Ce dont je suis le plus fier dans ma vie, c'est de ne pas avoir accepté de rester dans l'armée où on chantait Maréchal, nous voilà, pour m'engager dans la France libre » confie l'ancien observateur chiffreur, chargé de décoder les messages.

Aujourd'hui, Maurice pense être un des cinq derniers Tarnais à avoir en main le document officiel, signé de la main du Général de Gaulle attestant de leur engagement dans les forces françaises libres avant août 1943.

De moins en moins de monde aux cérémonies

Depuis, il est de toutes les cérémonies commémoratives, à Carmaux, où il observe qu'il y a chaque année « de moins en moins de monde ».

« La première fois que je suis allé dans les écoles pour raconter cette histoire, j'ai réalisé que même les professeurs ne savaient pas, que les gens ne savaient rien de la guerre », s'étonne encore l'ancien professeur du collège Rascol d'Albi, qui a fini sa carrière d'enseignant de français en 1978 au lycée de Carmaux. Il fait partie des créateurs du concours de la Résistance et a offert à la ville d'Albi une plaque émaillée où est reproduit l'appel du 18 juin. Une plaque fixée dans le monument aux morts de la ville, pour que les gens comprennent et se souviennent. «Le 8 mai 1945, se souvient Maurice, on attendait ça. C'était une joie terrible. »


"C'est important que les gens y pensent"

Pour Christian Bourdel, conservateur du musée militaire Le Militarial de Boissezo, le 8 mai 1945 est une date charnière de l'histoire de France et de l'Europe. Et s'il comprend la relative désaffection du public pour les cérémonies commémoratives, cet historien amateur milite pour une meilleure connaissance de cette période dramatique de l'histoire.

«Je suis très attaché à cette mémoire. Ce sont des dates très importantes. Le 8 mai 1945, c'est la fin de la guerre mondiale, la fin de la guerre en Europe en dehors de la Yougoslavie. ça a été un soulagement extraordinaire pour tout le monde avec la libération des prisonniers... Je crois qu'il faudrait que les jeunes se rendent compte de ce qu'a été cette guerre. Aujourd'hui, il y a quelques otages français dans le monde. Il faut réaliser que pendant la deuxième guerre mondiale, il y avait 1.500.000 prisonniers de guerre , otages des Allemands, et pour avoir de leurs nouvelles c'était quelque chose... Il y a une grande méconnaissance de ces événements et surtout du contexte de l'époque. J'essaie d'insister sur le fait que ces jours sont chômés pour que les gens puissent participer aux commémorations. Même s'ils ne viennent pas, c'est important qu'ils y pensent.»


Jour de cérémonie

Le 8 mai 1945, la capitulation de l'Allemagne nazie consacrait la victoire des Alliés. Des cérémonies de commémoration auront lieu ce mardi dans de nombreuses communes du Tarn.

À Albi. À 9 heures, messe du souvenir à l'église Saint-Salvi ; à 10 h 30, rond-point du Lude, cérémonie devant le monument de la Résistance et de la Déportation ; à 10 h 45, cérémonie au Pont-Neuf devant la stèle des Partisans ; à 10 h 55 ; rassemblement au monument aux morts, boulevard Sibille où la cérémonie principale aura lieu de 11 heures à 11 h 45 ; à 11 h 55, vin d'honneur à la mairie (salle des États albigeois).

À Castres. À 9 heures, cérémonie au quartier Fayolle du 8e RPIMa ; à 10 h 30, dépôt de gerbe à la gare SNCF devant la stèle érigée en souvenir des cheminots victimes de la guerre ; à 10 h 50, rassemblement devant le monument aux morts, près du jardin de l'Evêché.


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