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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Bordeaux : Marcel Barbary sur tous les fronts

10 Juin 2012 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

 

 

Par Jean-Paul Vigneaud :  link (SUD-OUEST)

Malgré ses 98 ans, Marcel Barbary était mercredi à Bir Hakeim. On le voit ici sur le lieu de bataille avec son éternelle veste grise, ses médailles, son inusable calot et son drapeau. (Photo Serge Le Manour)

 
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Marcel Barbary link   est un étonnant personnage. On se pince d'ailleurs en le voyant, encore plus en apprenant son âge. 98 ans et demi. « Et je suis toujours en forme ! » lance-t-il en disant toujours ne pas comprendre ceux qui veulent l'aider à marcher en le prenant par le bras. « Ils ont peur que je tombe. »

Il ne tombe pas ! Mieux, il galope. Figurant parmi les derniers survivants de la 1re division française libre d'Aquitaine, plus vieux porte-drapeau de France « en exercice », il assiste à toutes les cérémonies anniversaires et pas seulement dans la région. Il vient même de faire plus fort. Sur deux semaines, il a participé à toutes les manifestations et réceptions marquant le 70e anniversaire de la bataille de Bir Hakeim. En France et à l'étranger.

Fin mai, ainsi, ce Bordelais est resté quatre jours à Paris pour suivre tous les dépôts de gerbes (monument des Français libres, monument du général de Gaulle, Arc de triomphe, etc.). Et, tenez-vous bien, ce milieu de semaine, il s'est rendu à Bir Hakeim, en Libye, pour fouler le sol où ses camarades ont vaillamment combattu en juin 1942, il y a soixante-dix ans.

Une bataille déterminante

Bir Hakeim, c'est l'une des plus célèbres batailles de la Seconde guerre mondiale, celle qui a empêché Rommel de s'emparer de Tobrouck. À la tête de 3 700 hommes, le général Koenig a résisté aux assauts des blindés, de l'artillerie et de l'aviation allemande et italienne.

Marcel Barbary n'y était pas. « J'ai rejoint la division juste après en Tunisie », dit-il avec regret. « Avec ceux qui avaient mené la bataille à Bir Hakeim, j'ai toutefois participé à la fin de la campagne menée en Afrique du Nord, notamment à Takrouna. » Affecté aux transmissions et à la 2e brigade, le Bordelais a vécu ensuite tous les « coups de force » de la division : la libération de plusieurs villes italiennes (Rome entre autres), le débarquement à Fréjus, la remontée de toute la vallée du Rhône jusqu'au front de l'Est…

Le plus ancien

En Libye, cette semaine, il figurait parmi une vingtaine de vétérans de la division au sein d'un groupe d'une centaine de personnes (civiles et militaires) conduit par la Fondation de la France Libre. « Je voulais absolument voir Bir Hakeim, là où la division s'était distinguée, là où mes camarades ont combattu et ou d'autres ont perdu la vie. »

Marcel Barbary était le plus vieux. « Le plus ancien mais pas le moins dynamique. C'est incroyable. Il n'est jamais fatigué ! » avoue Blandine Bongrand, participante du voyage.

Une vraie émotion

Mercredi matin, le groupe a atterri à Tobrouck. Ici, des hélicoptères devaient prendre en charge les participants les plus âgés et les conduire directement à Bir Hakeim.

« Nous avons refusé. Nous voulions traverser le désert et parcourir la route qu'avaient empruntée nos camarades. » Le médecin s'est interposé : « Beaucoup se sont vu refuser ce voyage. Lorsque le docteur m'a vu, il m'a dit : "Vous, pas de problème, vous pouvez y aller !" » Le béret collé sur la tête, son drapeau coincé sous le bras, Marcel Barbary s'est enfoncé ainsi au milieu de nulle part. « Impressionnant. Il n'y a rien, c'est tout plat, du sable à perte de vue et il fait une chaleur épouvantable. 40 degrés. »

Marcel Barbary dit avoir subi un vrai choc lorsqu'il est arrivé sur le lieu de bataille : « On est au milieu du désert. Il n'y a que le monument, le cimetière et ses croix blanches. » Moment d'émotion. Marcel Barbary s'arrête de parler, et puis ça redémarre. « Ils m'ont fait une haie d'honneur, c'était formidable. » Quels souvenirs ! L'ancien combattant n'a pas le temps cependant de les mettre de côté. Lundi, à Paris, il y a la dernière cérémonie anniversaire de BirHakeim à l'Arc de triomphe : « Ils m'ont demandé de venir. Il faut que j'y aille ! ». 98 ans et demi…

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