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Le blog de francaislibres.over-blog.com

Baroud en Italie

10 Octobre 2010 , Rédigé par francaislibres.over-blog.com Publié dans #1ere DFL

 

BAROUD EN ITALIE , de Pierre HUGOT

 

 

Publié dès 1945, ce récit raconte la campagne d'Italie d'un bataillon de marche de la 1re DFL. Ses hommes qui tout d'abord haïssent et méprisent le pays qui avait « attaqué traîtreusement la France », tombent ensuite sous le charme de ses habitants.

Mais c'est avant tout une description réussie de combats à l'échelon d'une compagnie, avec ses moments d'attentes, ses combats victorieux, ses échecs, ses avancées rapides, ses mouvements que l'on exécute sans les comprendre.

Malheureusement, comme dans la plupart des livres écrit sur les bataillons coloniaux, les tirailleurs restent une masse anonyme à l'exception d'une ordonnance et d'un courageux sous-officier.

Les Français -blancs- ont bien un patronyme mais ce n'est pas leur réelle identité, ce qui aurait pu nous permettre de préciser le numéro de ce Bataillon de Marche. Le nom de l'auteur ne se retrouvant pas l'annuaire de la DFL, le bataillon garde son mystère

Mais il a bénéficié d'un très bon porte-plume.

 

10-10-2010-11-33-41.JPG

 

 

Extrait :

 

"Je fais le compte de mes armes : deux mitraillettes, trois carabines, le pistolet de Venturini, le mien. Je me retourne. C'est le drame. L'Allemand vient d'apparaître au coin de la maison. Je n'ai pas eu le temps de crier, d'ajuster, qu'il a déjà lâché sa rafale et disparu. Rieu a été soulevé de terre par la force du choc, puis il est tombé d'une seule pièce, mou, vidé, pantin brisé.

Nous restons, quelques éternelles secondes, pétrifiés d'angoisse et d'étonnement. Un sous-officier indigène, bondissant du couvert, vient saisir Rieu par la jambe et l'entraîne à l'abri. C'est le signal que devait attendre l'ennemi. A tous les coins du hameau se déclenche la crécelle accélérée des mitraillettes. Un tirailleur tombe. D'autres, affolés, tournoient dans le pré. Un instant, j'entrevois, dans la cour d'une sorte de ferme où des rosiers grimpants tapissent les murs, une dizaine d'Allemands, vêtus de longues et étranges tuniques accentuant le caractère fantomatique de ce combat, se défiler au ras d'un mur en direction de notre droite. Comment rétablir l'ordre et la cohésion chez ces noirs qui ne sont pas les miens, dont je ne connais pas les noms ? J'ai réussi à rejoindre Rieu : il a un énorme trou, où l'on enfoncerait le poing, à hauteur de la clavicule. Il a eu le temps de murmurer :

— Je suis foutu...

Doux ami. Ame qui va partir... Je m'entends gueuler : « Repliez-vous au ruisseau ! » Un tirailleur a chargé Rieu sur ses épaules. Sara gigantesque, il semble porter un sac de duvet informe et ballottant. Dédé Kéïta, sergent bambara, pousse des beuglements sauvages. Il parvient à rameuter ses enfants. Les derniers marchent tranquillement, inconscients, sur le bord de la route voisine, en pleine vue du hameau de nouveau silencieux. Mes gars sont déjà installés là-bas. Je suis le mouvement.

Le fossé, plus profond qu'il ne m'avait semblé d'abord, nous abrita efficacement. J'envoie six hommes protéger la droite de ce sillon perpendiculaire à la route, à la gauche duquel Dédé Kéïta, admirable de sang-froid et d'énergie, a déjà organisé le guet et la défense. Puis j'empoigne la radio et appelle en vain Teulot. Nulle réponse. La rage m'envahit de la stupidité de cette situation qui se prolonge, de l'avortement d'une équipée qui bloque, en enfants perdus, à mille mètres devant les lignes, cette section isolée, évidemment incapable de s'emparer d'un tel objectif et, plus encore, de le conserver. Quintuple explosion, de part et d'autre du fossé. Nous nous planquons contre la paroi, côté ennemi. Toujours la vision du boomerang qui, cette fois, me fait sourire sans conviction.

J'expédie à l'arrière, faute de mieux, Venturini avec mission de remettre à Teulot un billet griffonné à la hâte et de ramener le reste de ma section. Réflexe inattendu : il se met au garde-à-vous, salue militairement, empoche et disparaît.

 ...."

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Roumeguère 15/10/2010 15:16



Si, il existe bien un Pierre HUGOT dans l'annuaire de la DFL. Il était au Bataillon de Marche n°5.



francaislibres.over-blog.com 15/10/2010 17:17



Merci Florence


Je n'ai cherché que dans les pages de l'annuaire général.  Malheureusement je ne trouve pas qui peut être " notre chef de bande , le capitaine Falcoz (familièrement Coco), Dauphinois au
poil rude et fils de paysans...son élocaution , naturellement brutale...)


Laurent